Saint Michel Archange

Sommaire
Actualité de l'exorcisme

Don Amorth

Père Melançon

Exorcisme de Léon XIII

Exorcisme et médecine

Antoine Gay

Contact

Ouvrages de Denis Clabaine

Retire-toi Satan

Annales du Mont Saint Michel (1928)

    Le nouvel exorcisme : diablement mauvais
De Rome et d'ailleurs  
Michèle Reboul (*)



Nous l'annoncions dans un n° précédent : La Congrégation vaticane pour la Liturgie et la discipline des Sacrements a publié, il y a quelques semaines, le nouveau rituel d'exorcisme, promulgué le 26 janvier dernier avec approbation du Pape Jean-Paul II.... Cet exorcisme est si mauvais - et tellement inutile ! - que l'on peut se demander... qui a bien pu l'inspirer !...

L'exorcisme : jamais modifié
L'Eglise actuelle a tourné le dos à tout ce qui était l'Eglise d'avant Vatican II : elle a supprimé la messe il y a trente ans : le nouveau rituel a été proclamé à Rome le 3 avril 1969, reprenant, en fait, celui de Taizé en 1959, lui-même copie au 16ème siècle, de celui de Cranmer (voir mon article : "Les trente ans de la nouvelle messe" où je montre sa protestantisation, p. 2 du "Figaro" du 5/4/99). L'"Eglise conciliaire" a également changé substantiellement la structure des sacrements et remplacé le "hors de l'Eglise pas de salut" par l'oecuménisme et la liberté religieuse : le salut est assuré à tous les hommes, de par l'Incarnation du Christ, ce que ne cesse de répéter Jean-Paul II dès sa première encyclique : "Par son Incarnation, le Fils de Dieu s'est en quelque sorte uni lui-même à tout homme" ("Redemptor Hominis".)
Il n'y avait que l'exorcisme, dont le rituel datait de 1614, qui était resté inchangé, à part d'infimes retouches en 1926 et 1952...
C'est chose faite depuis le 26 janvier 1990 !

Le nouveau rituel
Déjà le 4 juin 1990, la Congrégation du Culte Divin envoya aux présidents des conférences épiscopales le rituel "ad interim", rituel à expérimenter avant son acceptation et sa promulgation en langue vernaculaire. Ce rituel, fait par des liturgistes, avait été refusé par les exorcistes (en particulier par Dom Amorth(1), exorciste remarquable et très efficace de Rome) parce qu'ils souhaitaient garder l'emploi du latin et que ce nouveau rituel n'est pas impératif, au contraire de celui de 1614. Même l'étymologie du mot grec "exorcisme" signifie l'ordre donné au démon puisqu'elle a pour sens : adjurer, sommer, en faisant appel à la conscience, au devoir. (Ainsi le grand-prêtre Caïphe dit  à Notre-Seigneur : "Je t'adjure (je t'exhorte) par le Dieu vivant de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu") (Matth. VI, 63). Or, sous la pression de Jean-Paul II, ce rituel de 1999  
devient obligatoire, 

mais avec de légères modifications, de façon à le rendre plus acceptable, mais ce n'est qu'une apparence : le latin, langue sacrée que le démon a en horreur, a été supprimé au profit de la langue de l'exorciste ; suppression ou du moins très forte diminution de l'eau bénite, des saintes huiles et du sel exorcisé, ces trois sacramentaux qui faisaient fuir le démon. Et élimination, la plupart du temps, de l'exorcisme lui-même, ce qui ne peut que réjouir le Malin qui veut garder les âmes et parfois les corps sous son empire.
Presque toujours l'exorciste renvoie le possédé au psychiatre ou au psychologue. Lorsque la victime revient le voir, car les psy n'ont pas pu le libérer, il pratique un pseudo exorcisme qui est surtout une prière.
Après une bénédiction, le prêtre récite les litanies des saints (où le curé d'Ars est invoqué), une lecture des psaumes, un passage de l'Evangile, le Credo (on se croirait à la "liturgie de la Parole", qui a pris une place prépondérante à la nouvelle messe au détriment du Saint-Sacrifice de la Croix !) et enfin une prière dite de supplication.
Ce n'est que dans de rares cas que l'exorciste ajoute des prières imprécatoires, comme : "Je t'adjure, Satan, retire-toi de cette créature que Dieu a créée à son image" ou bien : "Retire-toi donc, Satan, par la foi et la prière de l'Eglise, par le signe de la Sainte Croix."

La  nécessité de l'exorcisme
Cette substitution de prières à un véritable exorcisme est très grave car elle fait le jeu du démon. Il y avait déjà la suppression des exorcismes au baptême, s'ajoutant à celle de la prière à saint Michel à la fin des messes basses qu'avait fait mettre Léon XIII, l'élimination de la grâce due par la substitution sur le diable et l'enfer, à la prédication et dans ce qui tient lieu de catéchismes. Il ne restait qu'un seul rempart contre le démon : l'exorcisme, et il est maintenant détruit !
Or Léon XIII avait écrit en 1866, à la suite d'une vision, les deux 

exorcismes : le petit, qui peut être  dit par un laïc et ôte l'angoisse due à l'emprise du démon, et le grand, qui ne peut être prononcé que par un prêtre exorciste délégué par l'évêque. Ce pape avait, en effet, entendu une conversation où le Christ, à la demande de Satan, lui permettait de prendre possession de l'Eglise pendant un certain temps. Il y a bien un exorciste par diocèse mais puisqu'il se contente d'accueillir et de prier pour l'infesté ou le possédé (dans l'infestation, le démon agit de l'extérieur alors qu'il habite intérieurement l'âme dans la possession, même si Dieu laisse toujours libre la fine pointe de l'âme) il n'obtient pas de résultat.
Aussi le malheureux possédé se tourne-t-il parfois vers les sorciers qui accroissent encore davantage son mal. Il ne faut pas oublier non plus que l'emprise du démon est croissante, surtout chez les jeunes, en raison de leur immoralité, parfois inconsciente : ils ne savent pas que le concubinage, l'homosexualité, l'avortement, le spiritisme, les tables tournantes, l'initiation au démon dans les sectes, etc. sont un mal.
Il faut que les prêtres continuent à dire l'ancien exorcisme car "le monde entier est au pouvoir de démon" (1 Jn 5, 19) et que les fidèles disent la prière que la Sainte Vierge a dictée, le 13 janvier 1864, au P. Cestac :
"Auguste Reine des Cieux, souveraine maîtresse des Anges, vous qui avez reçu de Dieu le pouvoir et la mission d'écraser la tête de Satan, nous vous le demandons humblement, envoyez vos légions saintes, pour que, sous vos ordres, et par votre puissance, elles poursuivent les démons, les combattent partout, répriment leur audace et les refoulent dans l'abîme..."

(1)  - "Un exorciste raconte" de Dom Amorth. Lire aussi "Le Combat exorciste de l'Eglise" de Denis Clabaine

(*) Philosophe et théologienne (ancien professeur de philosophie). Collaboratrice de "Monde et Vie" et du "Figaro"